Les usagers des Transports en Commun pénalisés ! (4/4)
Les préconisations de la Ville de Grenoble, de la Métro et du Conseil Général en matière de transports sont claires : il faut dissuader autant que faire se peut l’usage de la voiture. Je l’ai déjà évoqué lorsque je détaillais la hausse des frais de stationnement, ou en d’autres circonstances lorsqu’il s’agissait d’aborder le caractère essentiel du projet de Rocade Nord. Les polémiques qui ont entouré la construction du stade des Alpes, et la volonté de Michel Destot et Didier Migaud d’en favoriser l’accès par le Tramway, laissent entendre que notre agglomération adopte une politique volontariste en matière de transports en commun.
Loin de moi l’idée d’endosser le costume des écologistes Grenoblois qui se figent volontiers sur des positions aussi doctrinaires qu’utopiques, et donc fort peu utiles pour qui souhaite faire évoluer les choses de manière concrète. Mais l’une des choses que le citoyen est en droit d’exiger de la part de ses dirigeants, c’est un minimum de cohérence dans les agissements.
Or, la réalité, c’est qu’en parallèle d’un discours destiné à valoriser l’usage des transports en commun dans l’agglomération, le SMTC (Syndicat Mixte des Transports en Commun) n’a cessé d’adopter des hausses de tarif considérables depuis 2005.
Ainsi, en l’espace de 3 ans, le prix du ticket pour 1 voyage en bus ou tramway a subi une hausse de 22,8 %. C’est encore pire pour le ticket de 10 voyages, qui a pour sa part augmenté de 28,8 % sur la même période ! Les abonnements n’ont malheureusement pas été épargnés, puisque la souscription d’un mois de trajets sur le réseau est aujourd’hui 11,78 % plus chère qu’en 2006.
Et ce n’est pas tout ! Des échos laissent entendre que les « Cartes émeraude », qui permettent aux personnes âgées de plus de 65 ans de se déplacer gratuitement en journée sur le réseau, seraient prochainement supprimées. Une décision sans doute prise dans le même état d’esprit qui avait récemment conduit à repousser l’âge requis pour bénéficier d’un tarif préférentiel sur le téléphérique de la Bastille, désormais accessible à partir de… 75 ans seulement !
Les Grenoblois sont donc aujourd’hui pénalisés lorsqu’ils font usage de leur voiture, presque autant qu’ils ne le sont lorsqu’ils empruntent le réseau TAG de transports en commun. Il ne reste plus pour nos édiles locaux qu'à innover en inventant une taxe sur l’usage de la bicyclette et de l'usure des baskets… et la boucle sera bouclée !
Nota : J'aurais aimé pouvoir clore ma série avec cette troisième note relative à l'augmentation des tarifs à Grenoble, corollaire à la hausse de la fiscalité. C'est ce que j'avais prévu. Mais un épluchage minutieux de données diverses révèle en réalité que ces hausses ne se limitent pas à ce que j'ai ici décrit. Je poursuivrai donc dans le courant de la semaine prochaine avec d'autres informations qu'il me faut préalablement étudier pour m'assurer de leur véracité.

La formule : " Faites ce que je dis , pas ce que je fais " s'applique très bien...surtout quand il faut faire du Social!
Pierre
Rédigé par : Pierre | 01 mars 2009 à 20:01
Je comprends que l'accès aux "bulles" puisse être limité pour les séniors, car leur capacité est tout de même réduite, donc la priorité aux touristes ne me choque pas. Encore convient-il de savoir quels sont les vrais flux ? En période calme, les séniors pourraient obtenir - par exemple - des passages gratuits à partir de 65 ans, sous réserve de s'inscrire sur une liste d'attente (confirmation par web ou téléphone le jour choisi ; limitation quantitative éventuelle de ce droit).
Pour ce qui est des transports en commun, et plus globalement de la politique de circulation, c'est vrai que c'est incohérent. Avec un maire d'une autre couleur, on peut imaginer que les protestations seraient bien plus nombreuses et bruyantes.
Rédigé par : Jean-Jacques | 26 mars 2009 à 17:51